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Affaire de 'l'appareil secret' : La défense réclame des extraditions

Le collectif de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi a affirmé que les jugements, rendus le 2 juin 2026, dans l’affaire dite de « l'appareil secret d'Ennahdha» s’inscrivent dans une procédure judiciaire ouverte depuis octobre 2018, en soulignant qu’« aucun élément du dossier n’a été introduit, après le 25 juillet 2021 ».

Le membre de ce collectif, Me Nacer Laaouini, a insisté sur le fait qu’aucun dossier lié aux assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, ni à l’affaire de « l'appareil secret », n’a été ouvert après cette date. Il rappelle que l’ensemble des dossiers remonte à 2013 et aux années suivantes, les décisions judiciaires ayant été rendues progressivement,  entre 2023 et le 2 juin 2026.

Il a,  également, appelé l’État tunisien à engager des procédures d’extradition contre plusieurs accusés résidant en France et en Espagne, dans le cadre des affaires liées à « l'appareil secret » et aux assassinats politiques, et à activer les mécanismes de coopération judiciaire internationale. Parmi les accusés, figurent notamment Mustapha Khadhraoui, ainsi que Ridha Barouni et Kamal Al Ifi.

La défense a, par ailleurs, annoncé son intention de faire appel des jugements rendus dans cette affaire. Elle estime que ces décisions confirment, selon elle, l’implication des accusés dans des crimes graves portant atteinte à la sûreté de l’État, tout en réaffirmant la responsabilité politique et pénale du mouvement Ennahdha dans les assassinats politiques survenus en Tunisie.

Le collectif indiqué, aussi, que plusieurs éléments sécuritaires et administratifs auraient été documentés depuis 2013, sous forme de rapports établissant des liens supposés entre cet appareil, le ministère de l’Intérieur et des connexions extérieures.

De son côté, Me Imen Gzara a rejeté les critiques qualifiant le dossier de « vide » et de « politique », affirmant que le Tribunal a confronté les accusés à des documents internes attribués à Ennahdha, concernant la mise en place d’une structure sécuritaire, ainsi qu’à des éléments techniques faisant état de centaines de communications téléphoniques et de possibles connexions avec des réseaux à l’étranger.

Concernant la chronologie du dossier, Me Kais Bouallegue a expliqué que les investigations ont débuté en octobre 2018, à la demande de la défense, avant plusieurs actes d’enquête, perquisitions et saisies de documents, notamment au sein du ministère de l’Intérieur, dans ce qui a été appelé la « chambre noire », puis le transfert du dossier vers le Pôle judiciaire antiterroriste.

Selon la défense, ces différentes étapes ont conduit progressivement à l’ouverture de poursuites contre plusieurs suspects, puis à l’élargissement de l’enquête jusqu’aux jugements prononcés le 2 juin 2026, dans l’affaire de « l'appareil secret ».